lundi 20 juillet 2009

PARIS/TEXAS SYNCHRONICITY

Le 17 juillet dernier, j'envoie un mail à des amis de RDV, Hank et Donna de San Antonio au Texas, USA, auquel je joins en attaché la vidéo Rain (Pluie) en leur souhaitant de jouir de cette Pluie.

Le 18 juil. 09 à 01:33, Hank Berez a écrit :
Lise...creativity has no limits....we have not had rain in san antonio for more than 6 months...guess what? when I opened this attachment the heavens over san antonio opened up with welcomed rain...so thank you!!! have a wonderful weekend.,..

mucho besos...

hank & donna
Traduction:
Lise… la créativité n'a pas de limites… nous n'avons pas eu de pluie à San Antonio depuis plus de 6 mois… par quel hasard? Lorsque j'ai ouvert cette pièce jointe les cieux se sont ouverts sur San Antonio déversant une pluie bienvenue… Alors merci!!!
Un merveilleux weekend…
Plein de baisers…

video

mardi 14 juillet 2009

Synchronicité n°5-UN 14 JUILLET RENVERSANT


En ce temps-là, j'habitais rue Baron à Paris dans le 17è. C'est un quartier banal, à l'écart du 17è résidentiel où les communautés noires et blanches se côtoient en évitant soigneusement de se rencontrer. Lorsque j'allais à la laverie automatique toute proche, où les femmes et quelques hommes du voisinage venaient laver leur linge, je me livrais à toutes sortes de stratagèmes pour entrer en matière, obtenir un regard, en espérant un sourire de la part de mes voisins "blacks" dont je ne supportais pas la stratégie du "ignore-moi comme je t'ignore". Cela donnait:
"Pouvez-vous me dire combien de temps dure le programme de lavage?" ou "Cela vous ennuirait-il de m'aider à plier mes draps, ils sont si grands et il y a si peu de place ici…" ou encore "Avez-vous des pièces de monnaie en trop pour la machine de séchage…" C'était une denrée rare car la machine à faire de la monnaie était souvent en panne. Toute cette vieille laverie était défaillante, mais je ne l'étais pas moins lorsque voyant les regards obstinément tournés dans la direction opposée à mon sourire avenant, je désespérais de rencontrer une prunelle noire amicale.
Que voulez-vous, j'aime les blacks. Je les trouve belles ces femmes en boubous chamarrés, avec leurs bébés aux yeux comme des escarboucles étincelantes, et ces hommes à la démarche souple, tellement élégants dans leurs vêtements de sport, ou vêtus de costumes dernier cri portés avec la même désinvolture que s'ils étaient nus. Il me semble qu'ils ont gardé quelque chose que nous autres, blancs, avons perdu ou n'avons peut-être jamais eu. Est-ce le naturel? Le contact des pieds nus avec la terre? Ou une façon d'être au monde comme s'ils lui appartenaient et non l'inverse comme nous, les nantis, le croyons avec impudence? J'avoue ne pas y avoir réfléchi.
Mais je me suis laissée dériver sur les sentiers tortueux de ma mémoire, alors que j'étais en route pour vous raconter ce qui s'est produit au 6 de la rue Baron, un soir de 14 juillet, vers minuit trente, alors que j'étais sur le point de me mettre au lit.
Pour la première fois depuis longtemps, je me trouvais seule à Paris pour célébrer cette fête chère à mon cœur. Je n'apprécie pas les défilés militaires mais je vibre comme une flèche dans la cible dés qu'il s'agit de libération et de révolution, et puis j'aime me frotter aux foules en liesse dans les bals publics, à la Bastille, à la caserne des pompiers près de la rue de Rennes, ou sur la Place de la République. Mais j'avais ce soir là une envie impérieuse de voir le feu d'artifice le plus somptueux de l'année et je voulais être au premier rang des spectateurs, face à la plateforme du Trocadéro d'où partait le lancement. J'avais donc prévu d'y aller tôt pour être bien placée. Mais auparavant, afin d'aller à la fête l'esprit libre, il fallait que je prenne une décision sur laquelle j'étais hésitante. Je devais choisir entre l'appât du gain et une galère en perspective.
Une agence de voyage renommée me proposait d'accompagner un groupe de touristes, fin Août, pour un circuit au Pakistan et en Inde, pays que je connaissais déjà pour y avoir conduit des groupes, mais je trouvais l'itinéraire mal conçu, trop chargé. J'imaginais sans peine les problèmes qui ne pourraient manquer de surgir à la suite d'interminables journées d'autocar, avec des véhicules aux amortisseurs d'un âge antédiluvien, sans air conditionné par une chaleur accablante; je savais la frustration qu'engendre le fait de ne pas pouvoir communiquer avec les gens du pays pas même en anglais — langue dans laquelle le Français n'excelle pas —, l'exaspération d'être continuellement sollicité par les marchands de rues et les mendiants, la fatigue après des visites trop courtes faites au triple galop… Un vrai piège à touristes ce tour! Oui mais...Par ailleurs, j'avais besoin d'argent. Je tournais et retournais le problème, pesant le pour, le contre, sans arriver à faire un choix.
Pile ou face, non! Je me fie plus volontiers à l'antique sagesse du tarot tel qu'Oswald Wirth en a dessiné et commenté les arcanes. Je décidai de tirer une seule carte. Celle qui se présenta fut le XVl, la Maison Dieu. Cet arcane, le plus funeste des 22 arcanes majeurs, représente une tour foudroyée par un éclair qui la décapite, précipitant deux personnes dans une chute mortelle. Je n'étais déjà pas chaude pour guider ce voyage, mais l'avertissement sévère de l'arcane XVl
me refroidit considérablement. Tant pis pour le gain, je ne prendrai pas le risque d'accepter ce travail. Soulagée d'avoir pris ma décision, je partis allègrement pour le Champs de Mars, laissant ma voiture garée rue Baron pour prendre le métro qui m'éviterait l'enfer du parking, ainsi, rien ne m'empêcherait de jouir pleinement du feu d'artifice de ce 14 Juillet.
Il fut éblouissant! Et par Zeus! Le plus cosmopolite qui soit. Assise dans l'herbe du Champ de Mars, parmi des myriades de personnes, non loin de Miss Eiffel — une tour de bonne augure s'il en est — j'entendais parler toutes les langues du monde à l'exception du français. Tant mieux! Le langage des sourires et des gestes aimables, chacun se serrant un peu pour accueillir de nouveaux arrivants, me convenait parfaitement. Nous étions là par milliers, heureux d'y être et nous n'aurions pas cédé notre place pour un empire. Le feu d'artifice dépassa toutes mes espérances, ce fut… un feu d'artifice! Je revins chez moi en partie à pied le reste en métro, épuisée mais comblée par mon 14 Juillet.
Je souris en trouvant abandonnée sur ma couche la carte de tarot que j'avais tirée avant de partir, la Tour Eiffel illuminée m'avait fait oublier la tour foudroyée et ses corps tournoyant dans le vide. Il ne me fallut qu'une minute pour plonger avec délectation dans mes draps parfumés à la lavande, mais à peine avais-je mis un pied dans mon lit que la sonnerie du téléphone me le fit retirer pour aller décrocher. Je me demandais qui pouvait bien m'appeler à une heure aussi tardive, une erreur sans doute.
— Bonsoir, Madame, êtes-vous madame Medini Lise, propriétaire d'un véhicule Renault Fuego immatriculé numéro xxxxx?
— Oui.
— Ici le commissariat du 17è, c'est bien votre véhicule qui se trouve rue Baron devant le numéro 32?
— Oui, mais vous savez l'heure qu'il est?
— Oui, Madame, mais je dois vous prévenir qu'une personne s'est défenestrée, qu'elle est tombée sur votre véhicule et que…
— Votre plaisanterie n'est pas drôle et…
— Je comprends vos doutes, Madame, mais je ne plaisante pas, si vous voulez, allez constater les dégats sur votre voiture et rappelez le commissariat pour vérifier ce que je vous ai dit, n'hésitez pas à le faire.

Ce que je fis sans hésiter, découvrant ainsi que la plaisanterie n'en était pas une et par la même occasion qu'il me faudrait passer au commissariat demain à la première heure, afin de signer des papiers et obtenir une attestation prouvant à mon assurance que je n'avais pas sauté à pieds joints sur ma voiture en état d'ivresse pour en défoncer le toit.
Qui? Comment ? Pourquoi
justement sur ma voiture? J'étais abasourdie. Impossible de vous décrire mon état et la nuit étrange qui s'ensuivit. J'allai dés huit heures du matin au commissariat de police où je remplis et signai comme un zombi tous les papiers qu'un agent me soumettait, n'ayant qu'une question en tête.
— Qui est la personne qui s'est suicidée?
— C'est une jeune fille mais nous n'avons pas le droit de vous dire son nom.
— A-t-elle succombé?
— Elle était inanimée quand l'ambulance l'a emmenée, on ne peut pas vous en dire plus.
— Dans quel hôpital l'a-t-on transportée?
— Nous n'avons pas le droit…
— Je veux téléphoner pour avoir de ses nouvelles, ai-je dit en élevant le ton, elle est tombée sur
ma voiture, et je ne crois pas au hasard, je peux peut-être faire quelque chose pour elle…
— N'insistez pas, Madame.
Découragée, je me dirigeais vers la porte quand une femme qui avait assisté sans mot dire à cet entretient, contourna son bureau pour s'approcher de moi un papier à la main et lisant à mi-voix "Elle s'appelle Linda X, elle est à l'hôpital Untel, à telle adresse, en salle de réanimation." Je lui souris avec gratitude et la remerciai chaleureusement. Elle souleva un sourcil et me dit "Il faut bien s'entraider!"
Je rentrai chez moi et appelai immédiatement le service de réanimation de l'hôpital. À l'aide-soignante qui me demandait si j'étais de la famille de Linda, j'avouai la vérité et elle me donna sans réticence les informations que je désirais. Oui, elle avait survécu mais elle était dans le coma et l'on ne pouvait dire si elle avait des chances d'en sortir vivante un jour. On savait qu'à la suite de sa chute, il y avait de la casse mais jusqu'à quel point, c'était trop tôt pour le dire. On attendait les résultats des examens qu'elle avait subis. Il fallait patienter quelques jours. Sa famille s'était-elle manifestée? Personne ne s'était présenté. Pouvais-je me permettre de rappeler pour avoir de ses nouvelles? C'est sur un ton chaleureux qu'elle me dit "Bien sûr, c'est si triste qu'elle soit seule dans cette épreuve! C'est une toute jeune fille vous savez." J'aurais voulu pouvoir l'embrasser pour ces simples mots. Par la suite, je pus constater la gentillesse et la serviabilité de tout le personnel soignant de ce service.

À cette époque, je donnais des conférences à la Sorbonne dans le cadre de l'Université Populaire de Paris, sur la philosophie bouddhiste et les méthodes de méditation permettant de développer la quiétude mentale et la compassion. C'était ce que j'avais trouvé de mieux pour travailler sur mon égoïsme et mon caractère prompt à la colère. À plusieurs reprises, des auditeurs s'étaient présentés en me demandant si je voulais bien leur enseigner ces exercices de façon à pouvoir s'entraîner régulièrement avec moi. Un groupe se forma et j'acceptai de les accueillir bénévolement à mon domicile, où nous avons commencé à méditer ensemble avec un bonheur et une énergie incroyables.
Ce jour-là, je leur racontai l'histoire de Linda et leur proposai de travailler sur une méthode de méditation particulière, appelée "tog-len", en Tibétain, cela signifie prendre et donner. Les maîtres de cette technique affirment qu'elle permet non seulement à celui qui s'y exerce d'atteindre à l'éveil de la conscience dans les plus brefs délais, mais également de secourir ceux à qui l'on dédie cette pratique. À partir de ce jour, toutes nos méditations furent dédiées au rétablissement de Linda, à qui nous envoyions mentalement des douches d'énergie lumineuse et curative.
Je téléphonais régulièrement à l'hôpital où j'apprenais que Linda dormait toujours d'un profond sommeil dont on ignorait s'il aurait un terme. C'était la Belle au Bois Rêvant, que nous appelions à l'éveil de tous nos vœux. Je ne pouvais m'empêcher d'avoir confiance dans notre pratique, en particulier, dans la force de notre motivation. Au bout de trois semaines, j'appris qu'elle donnait des signes de conscience, l'infirmière me dit que son visage exprimait la douleur qu'elle ressentait dans son corps fracturé en de multiples endroits. C'était infime mais encourageant. Évidemment, elle souffrait! Mais tout valait mieux que l'inconscience dans laquelle elle avait sombré. Les personnes du groupe de méditation se réjouirent avec moi et nous poursuivîmes avec encore plus de concentration nos émissions d'énergie lumineuse en direction de Linda.
Quelques semaines plus tard, l'aide soignante m'annonça qu'elle était réveillée mais n'avait pas retrouvé l'usage de la parole, cependant, elle comprenait ce qu'on lui disait. Non, personne n'était venu la voir.
— Croyez-vous, demandai-je, qu'elle aimerait recevoir ma visite?
— Ne quittez pas, je vais le lui demander.
Elle avait répondu à l'infirmière par un signe affirmatif. Je sautai dans ma voiture cabossée et une heure après, j'étais au chevet d'une belle jeune fille de moins de vingt ans avec de longs cheveux bruns et de grands yeux noirs dans un visage pâle et amaigri. Linda essayait de répondre à mon sourire et de serrer ma main qui enveloppait la sienne et c'était vraiment émouvant, mais elle ne pouvait parler, je fis donc seule les frais de la conversation. Je me souviens de lui avoir vu sur les lèvres un sourire plus gai encadré de jolies fossettes quand je lui ai dit en faisant une grimace comique qu'elle s'était donnée bien du mal pour ruiner ma vieille guimbarde qui ne lui avait pourtant rien fait, à part de lui sauver probablement la vie. J'ai ajouté que celle qui avait sauté par la fenêtre, s'était définitivement envolée emportant avec elle tous ses soucis. Aujourd'hui, la Linda à qui je parlais venait juste de naître, une nouvelle vie l'attendait pleine d'aventures, de belles et bonnes surprises. Je voyais son visage s'éclairer peu à peu et quand je lui ai demandé si elle voulait bien me faire confiance et croire en ce que je lui disais, elle a baissé les paupières en signe d'assentiment en serrant fort ma main. Je l'ai embrassée en lui promettant de revenir bientôt.
Lors de ma visite suivante, j'appris qu'elle avait reçu la visite de ses parents et celle d'un jeune homme que l'infirmière croyait — me dit-elle derrière sa main avec un air ravi — être son fiancé. Le médecin qui suivait son cas avec lequel je m'étais entretenu, avait de fortes présomptions de fracture grave de la colonne vertébrale, il craignait qu'elle ne puisse jamais marcher à nouveau. J'en fis part au groupe et nous redoublâmes de pratiques et de souhaits en sa faveur, faisant des vœux pour qu'elle retrouve l'usage de la parole et de ses jambes.

Croyez-moi si vous le voulez, un an plus tard, Linda, la Belle au Bois, désormais bien éveillée et campée sur ses deux jolies jambes, me téléphona de province pour m'annoncer son mariage avec son Prince Charmant. J'eus de ses nouvelles, au bout d'un certain temps, pour l'entendre me dire dans un éclat de rire qu'elle était enceinte, et une fois encore pour me parler de leur joie à tous deux d'avoir un enfant et qu'ils étaient heureux.
Voici un conte qui se termine à merveille, selon la pure tradition, mais de grâce, laissez-moi croire que dans cette succession de coïncidences — pour ne pas dire de synchronicités (!) — nous avons peut-être joué le rôle de ces bonnes marraines fées, car notre groupe était essentiellement constitué de femmes. Cela dit, quand je pense à la carte du tarot que j'avais tirée lors de ce 14 Juillet, je me demande si "mon art divinatoire" ne s'est pas trouvé gravement en défaut, car l'image parlait davantage de ce qui allait se passer le soir-même, là où j'avais garé ma voiture, que de mon circuit en Asie. Quoiqu'il en soit, pour ne pas vous laisser sur cette fin, j'appris quelques mois plus tard que l'accompagnatrice du groupe que j'avais refusé de guider, s'était confrontée à de sérieux problèmes tout au long du voyage, qu'elle était revenue déprimée, et que les participants sont rentrés en France parfaitement mécontents. Pour ma part, je rends grâce au tarot de m'avoir incitée à rester à Paris où j'ai échappé au pire — la mauvaise humeur légendaire des touristes Français (!) — et où j'ai pu, aidée de mes amies, faire un bout de chemin avec Linda pour l'accompagner vers sa guérison.
Je suis loin d'être la seule à avoir connu ce genre d'expérience et nous sommes de plus en plus nombreux à chercher dans cette direction subtile. Quand une partie de l'humanité donne des signes de décadence, une autre prend la relève et fait croître le renouveau. Nous avons tous la liberté de forger le Monde dans lequel nous aimerions vivre, la société est le reflet de nos choix. Si nous voulons une société paisible, équitable, non coercitive et fraternelle, soyons d'abord nous-mêmes, dés maintenant, là où nous nous trouvons, des membres représentatifs de ces qualités, le reste coulera de source.